Le temps passé n'est plus, l'autre encore n'est pas, Et le présent languit entre vie et trépas ; Bref, la mort et la vie en tout temps est semblable.
La naissance et la mort en cela seul diffère Que l'enfant sort sans peur du ventre de sa mère, Et nous tremblons d'effroi quand mourir il nous faut.
L'enfance n'est sinon qu'une stérile fleur, la jeunesse qu'ardeur d'une fumière vaine, virilité qu'ennui, que labeur, et que peine, vieillesse que chagrin, repentance, et douleur.
Crois moi : la mort nous suit à toute heure, à tout pas.
Notre vie est semblable à la mer vagabonde. Où le flot suit le flot, et l'onde pousse l'onde. Surgissant à la fin au havre de la mort.
Ce qui semble périr se change seulement.
Passer d'un âge à l'autre est s'en aller au change. D'un bien plus petit mal en un mal plus étrange. Qui nous pousse en un lieu d'où personne ne sort.